LES HAÏTIENS DE PARIS RÉCLAMENT LA RÉOUVERTURE DE L’AÉROPORT TOUSSAINT LOUVERTURE

Publié le 23 mars 2026 à 12:20

Paris, le 22 mars 2026 —

Hier, dans les rues de Paris, plusieurs centaines de manifestants — selon les chiffres des organisateurs — issus de la diaspora haïtienne ont défilé avec détermination pour porter la voix d’un peuple en souffrance. À travers cette mobilisation, plusieurs revendications majeures ont été exprimées, dont une en particulier : la réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture, symbole fort d’un retour à la sécurité et à la normalité en Haïti.

Une marche pour briser le silence

Dans un monde saturé d’informations, certaines crises restent dramatiquement invisibles. Haïti en est aujourd’hui l’un des exemples les plus frappants. Depuis plusieurs années, le pays est plongé dans une spirale mêlant insécurité chronique, instabilité politique et urgence humanitaire.

Face à cette réalité, la diaspora haïtienne en France refuse de rester silencieuse.

Ce dimanche 22 mars 2026, à 14 heures, une Grande Marche Blanche pour la Paix en Haïti, organisée par l’association A.Tèt Ansanm de Paris, s’est élancée depuis la place d’Italie pour rejoindre la place Port-au-Prince. Une mobilisation pacifique, digne et résolument engagée, portée par un profond sentiment d’urgence.

L’aéroport, symbole d’un pays à l’arrêt

Au cœur des revendications, la réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture occupe une place centrale.

Actuellement fermé en raison de l’insécurité, cet aéroport — principal point d’entrée du pays — est devenu le symbole de l’isolement croissant d’Haïti. Sa fermeture ne constitue pas seulement un blocage logistique : elle reflète un effondrement plus large des conditions de sécurité.

Pour les manifestants, sa réouverture représenterait un premier signal concret d’amélioration, la preuve que l’État reprend progressivement le contrôle et que la vie peut recommencer à circuler.

Une crise profonde et durable

En Haïti, la peur rythme désormais le quotidien de milliers de familles. Les infrastructures sont paralysées, les services essentiels fragilisés, et l’avenir politique du pays demeure incertain.

À cela s’ajoute une inquiétude majeure : l’absence d’élections démocratiques. Privé de son droit fondamental de vote, le peuple haïtien voit s’accentuer la crise institutionnelle et le sentiment d’abandon.

Une mobilisation qui s’inscrit dans le temps

La marche du 22 mars 2026 ne constitue pas un acte isolé, mais s’inscrit dans une dynamique de mobilisation continue de la diaspora.

Déjà, le 22 mars 2025, plus de 5 000 personnes — selon les organisateurs — avaient défilé dans les rues de Paris lors d’une mobilisation historique. Puis, le 3 mai 2025, plus de 2 500 participants s’étaient à nouveau rassemblés, malgré des conditions météorologiques difficiles.

Un an plus tard, face à une situation toujours alarmante, la mobilisation se poursuit avec la même détermination.

Trois revendications essentielles

À travers cette marche blanche, les manifestants ont porté trois exigences claires :

• La réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture

• Le rétablissement de la sécurité et la protection du peuple haïtien

• L’organisation d’élections libres et démocratiques

Ces revendications traduisent une volonté profonde : rendre au peuple haïtien sa dignité, sa sécurité et sa souveraineté.

Une voix qui refuse de disparaître

Au-delà des slogans et des pancartes, cette marche est avant tout un appel.

Un appel à la conscience internationale.

Un appel à l’action politique.

Un appel à l’humanité.

Dans les rues de Paris, ce ne sont pas seulement des manifestants qui ont marché, mais une voix collective qui s’est élevée — celle d’un peuple qui refuse de disparaître dans l’indifférence.

La diaspora haïtienne marche pour Haïti.

Et à travers elle, c’est le monde entier qui est invité à écouter.

Gédem's Francklin EDOUARD Chef de rédaction- LA MAISON

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.